Archives de catégorie : Nouvelles récentes de l’Inde

Réunion de l’ASEV en Inde à Vriddhachalam

REUNION DU 21 JUILLET 2019

La 12ème réunion bisannuelle de l’ASEV, organisée par Sr Meera et Bhaï a eu lieu le 21 juillet 2019 à Vriddhachalam.

151 étudiants se sont enregistrés (ASEV et Quimperlé). Trois seulement étaient absents.

 

Après leur enregistrement, tous allèrent rendre hommage au Père Olivier et fleurir sa tombe.

 

L’invité d’honneur était le Père Paul Raj Kumar le nouveau curé de Vriddhachalam qui a succédé au Père Arokia Doss.

Etaient également présentes deux étudiantes de Quimperlé Katia et Tiffen qui sont venues passer plusieurs semaines en Inde dans le centre de Pitchai Pillai. Après une lecture de la Bible et une prière, lues par deux filleules, il y eut la traditionnelle remise de châles pour honorer le Père.

13 étudiants dont 8 de l’ASEV et 5 de Quimperlé ayant terminé leurs études sont venus  témoigner de leur reconnaissance au Père Olivier, à leurs parrains, à Sr Jane, à Sr Meera ainsi qu’à Bhaï. Ils ont évoqué leur parcours et se disent fiers d’être aujourd’hui capables de tenir un rôle dans la société grâce à leurs études. Ils espèrent pouvoir dans le futur aider pauvres et nécessiteux comme ils l’ont été eux-mêmes.

                                           

Une photo a été prise avec leurs parents.

 

Sr Meera a ensuite lu la lettre envoyée par Anne Dumas souhaitant une bonne année scolaire à tous de la part de leurs parrains et félicitant ceux qui avaient terminé leurs études. Parents et enfants ont été très contents de l’entendre. Sr Meera a insisté sur le besoin de concentration des filleuls sur leurs études. Elle a demandé aux étudiants de lui envoyer leurs résultats pour qu’elle puisse en informer les parrains via les deux présidents. (Anne Dumas et Alain Petit-Jean). Elle a expliqué que ce n’était pas qu’une question d’argent mais que c’était aussi une relation humaine entre filleuls et parrains. Sr Meera a ensuite demandé à quelques parents volontaires de venir parler de ce Projet et expliquer quel rôle ils avaient à jouer vis-à-vis de leurs enfants dans ce Projet.

Tiffenn et Katia ont aussi partagé et parlé de leurs études et de leur travail. C’était une belle leçon pour tous.
Le Père Paul Raj Kumar a expliqué qu’il avait passé plus de 30 ans comme directeur d’école et principal de collège. C’est sa première affectation comme curé de paroisse. Jeune prêtre dans le diocèse, il a bien connu le Père Olivier et l’appréciait beaucoup pour ses différentes activités, son respect des castes, croyances ou religions et plus que tout pour ce qu’il avait fait pour l’éducation des filleuls, et ce même après sa mort Après l’hymne national tous eurent droit à un délicieux repas avant d’écrire une lettre à leurs parrains.

 

 

Chacun reçut 400 roupies comme indemnité de transport et tout fut terminé à 17h50.

 

 

Système scolaire indien

Le principe de l’école gratuite et obligatoire pour les enfants de 6 à 14 ans est inscrit dans la Constitution indienne. Alors que 96,5% des enfants des campagnes sont scolarisés (selon les statistiques officielles de 2012), la qualité de l’enseignement public est vivement critiquée. Environ 25% des professeurs sont absents chaque jour. Seul un professeur d’école primaire sur 5 serait correctement formé. L’OCDE a évalué en 2009 le niveau de connaissances des enfants  et classé l’Inde en 73ème position sur 74 pays.

Les familles indiennes qui le peuvent s’orientent vers le privé : entre 2011 et 2016, le public a perdu 13 millions d’élèves et le privé en a gagné 17,5 millions.

Autre problème : seuls 40% des adolescents accèdent au secondaire.

Vineet Nayar, l’ancien patron d’une des principales sociétés de services informatiques indiennes,  met désormais ses compétences au profit de sa fondation Sampark pour l’éducation des jeunes indiens. Son discours et ses méthodes sont en cohérence avec ses valeurs : honnêteté, transparence, confiance et dialogue.

« Ma femme et moi avons investi 100 millions de dollars dans la fondation Sampark avec un seul objectif : transformer radicalement l’enseignement primaire en Inde ».

Au sein de sa fondation, l’objectif est de doter dix millions d’enfants, habitant les campagnes les plus reculées, de bases solides en anglais et en maths. Des supports audio en plastique bénéficiant d’une autonomie de 15 jours et rechargeables grâce à une dynamo ont été conçus pour un euro par an et par enfant.

100 000 enseignants ont adhéré aux modules de formation organisé par Sampark, diffusé dans 76 000 écoles qui accueillent sept millions d’enfants.

Au bout d’un an le résultat était déjà spectaculaire : 86% des écoliers étaient capables d’effectuer les calculs élémentaires, et plus de 80% d’entre eux peuvent apprendre 500 nouveaux mots en anglais , 100 phrases et 25 histoires en 120 leçons.

En 2025, les 100 millions de dollars seront consommés et Vineet Nayar et sa femme fermeront la fondation Sampark.

« Un objectif doit avoir un terme. Les idées en open source survivront. Nous ne voulons surtout pas que la fondation se confonde avec nous, car vous pouvez tuer une organisation quand il y a confusion entre sa raison d’être et sa propriété ».

extrait d’un article de Françoise Blind, dans Les Echos week-end

Comment l’Inde perd son âme

Du 11 avril au 19 mai se tiennent les élections législatives en Inde : pour recueillir 900 millions de voix , une caravane de votation parcourt le pays entier.

En 1990 naît un parti nationaliste hindou , le BJP, le parti du peuple indien. D’emblée, ce parti a rejeté la profonde tolérance qui a permis jusqu’en 2014 à huit religions de coexister en Inde : l’hindouisme (900 millions de personnes), l’islam ( presque 200 millions), le christianisme ( 27 millions), les sikhs (20 millions), le bouddhisme (8 millions), le jaïnisme ( 4,5 millions), le zoroastrisme, le judaïsme sans compter les religions autochtones (100 millions)….

Présente sur le drapeau de l’Inde avec le sceau de l’empereur bouddhiste Ashoka, non seulement la non-violence a fait progresser l’Inde, mais aussi la conscience du monde. C’est cela que Narendra Modi , le premier ministre actuel, est en train de liquider….

Modi peut-il être battu ? Peu de progrès économiques, déception de la « neo-middle class », jeunes à qui Modi avait fait toutes les promesses. Les stars de Bollywood sont des acteurs musulmans toujours populaires. Et pour le vieux parti du Congrès, social-démocrate, Priyanka Gandhi, petite-fille et sosie d’Indira, est enfin entrée dans la bataille.

Le Taj Mahal, trop musulman, a été retiré des circuits touristiques officiels! Et l’assassin de Gandhi a maintenant ses statues.

 

extrait de la chronique de Catherine Clément, La Croix, 6 mai 2019

« Hindouiser les noms de villes »

Emmenée par les nationalistes hindous, l’Inde rebaptise de nombreuses villes aux consonances islamiques.

Cette année, plus de 25 villes ont fait les frais de cette stratégie linguistique visant à les rendre plus « hindoues » dont Allahabad, haut lieu de pélerinage mais datant des conquérants musulmans.

Pour renouer avec ses racines hindoues antérieures, Allahabad sera désormais « Prayagraj ».

Pour Narendra Modi et son parti le BJP, il s’agit de se « reconnecter avec le glorieux passé »  de l’Inde.

Depuis l’indépendance, plus de 100 villes ont été rebaptisées. Bombay est devenue Mumbai, Calcutta Kolkata, Pondichéry Puducherry , Madras Chennai et Vriddhachalam Viruthachalam! Ces mesures sont une réaction contre les anciennes présences impérialistes. Et derrière ces batailles orthographiques se joue la volonté des Indiens de se réapproprier leurs langues locales et leur histoire.

A présent, les dirigeants du BJP envisagent de changer le nom d’Agra (Taj Mahal) mais aussi d’Ahmedabad, la capitale du Gujarat.

L’idéologie hindouiste est en conflit avec l’héritage islamique et les invasions mogholes. Effacer les noms musulmans des villes s’apparente à une contre-attaque ou à une revanche d’après l’historien Arvind Sinha.

L’opposition dénonce « une menace » portée à l’identité multiconfessionnelle de l’Inde.

De l’érection de statues géantes aux noms des nouvelles lignes de trains, un travail minutieux aide à bâtir une Inde qui réinvente et glorifie sa mythologie hindoue.

extrait d’un article de Vanessa Dougnac.

Multilinguisme en Inde

Au pays du multilinguisme

(Extrait de la revue Nouvelles de l’Inde, de septembre-octobre 2018)

 

 

En Inde, l’apprentissage de plusieurs langues est une nécessité pour pouvoir communiquer dans tout le pays et même au sein d’une famille dont les membres parlent souvent différentes langues.

Ainsi, Akshaya, une petite fille de 8 ans du Kerala apprend à l’école le malayalam – la langue régionale du Kerala – ainsi que le hindi – l’une des langues que l’on parle plus ou moins bien dans différentes régions du pays – et suit son enseignement général en anglais. Si lorsqu’elle rentre à la maison, Akshaya parle malayalam avec son père et ses grands-parents paternels, sa mère, elle, ne lui parle que tamoul, la langue régionale du Tamil Nadu, dont cette dernière est originaire.

La petite fille doit donc maîtriser quatre langues différentes et quatre alphabets distincts. Car, pour compliquer les choses, le hindi, par exemple, s’écrit en caractères devanagari, hérités du sanskrit, alors que le malayalam, une langue dravidienne, qui n’a pas la même origine, a adopté un système d’écriture brahmique syllabaire, comprenant pas moins de 51 signes de base, tandis que l’anglais est enseigné grâce à l’alphabet latin et les 26 lettres que nous connaissons.

 

La constitution de la République indienne reconnait le multilinguisme du pays et prévoit des dispositions destinées à l’encourager dans tous les domaines. Ce texte fondateur énumère 22 langues officielles qui se répartissent en familles linguistiques d’origines et de structures distinctes : les langues dravidiennes (tamoul, télougou, kannada, malayalam), les langues tibéto-birmanes (bodo, manipuri, santali) et les langues indo-aryennes (toutes les autres).

Le hindi, langue officielle de plusieurs Etats, est parlée par 43,6 % de la population, soit 528 millions de personnes.

Le recensement indien de 2011 fait état d’un nombre de 19.569 langues et dialectes déclarés par les Indiens en tant que langue maternelle, mais, après classification, il retient le nombre de 121 langues (ne comptabilisant pas les langues parlées par moins de 10.000 locuteurs), tandis qu’un recensement entrepris par le projet « People’s linguistic survey of India » dénombre 780 langues parlées, et que d’autres statistiques parlent de plus d’un millier de langues. De quoi y perdre son latin … Ou plutôt son sanskrit !

Dans la pratique, dans les Etats du nord, les conversations se déroulent soit dans la langue de l’Etat, si tous les intervenants la maîtrisent, soit en hindi ; dans ceux du sud, elles sont menées soit dans la langue de l’Etat, soit en anglais.

 

Afin d’améliorer les interactions et la mobilité géographique, la Commission de l’enseignement secondaire du gouvernement indien a mis en place, dès 1952, les bases d’une politique éducative multilingue. Aujourd’hui, toutes les écoles sont censées proposer une formule trilingue, comprenant la langue maternelle ou la langue régionale, le hindi et une autre langue moderne, indienne ou étrangère. Les établissements publics se concentrent davantage sur les langues régionales, tandis que les écoles privées font la part belle à l’anglais.

 

Pour Gurcharan Das, un essayiste indien de renom, « L’Inde a toujours été une terre multilingue. Ce qui fait notre identité, c’est justement notre diversité ».

En Inde, le pari de l’électricité pour tous

Il y a quelques années, en visitant les villages autour de Vriddhachalam, le Père Olivier nous faisait remarquer que le gouvernement fournissait l’électricité gratuite à raison d’une ampoule   par maison et qu’il y avait un poste de télévision par village, avec une seule chaîne  qui diffusait  les nouvelles .

Aujourd’hui, » le gouvernement indien a promis de raccorder tous les foyers d’ici à la fin 2018. L’objectif semble très difficile à atteindre dans les délais pour un pays où 300 millions de personnes n’ont aucun accès à l’électricité, soit près d’un Indien sur quatre. Il s’agit d’un problème épineux dans un pays où les températures dépassent allègrement les 40°C et où la conservation des aliments exige des réfrigérateurs. La situation est particulièrement difficile dans le nord. A l’inverse , dans le sud du pays, les taux d’électrification dépassent déjà les 90%.

Le rattachement au réseau sera gratuit mais un village électrifié ne signifie pas nécessairement que tous ses habitants aient l’énergie dans leur foyer!

L’Inde qui connaît une forte croissance économique et multiplie les projets industriels gourmands en énergie, souffre de coupures de courant répétées dues à un déficit énergétique considérable. Les programmes géants de développement des panneaux solaires ou le lancement de centrales nucléaires ne suffisent pas à équilibrer la demande.

En conséquence, de nombreux foyers ne peuvent utiliser l’électricité que quelques heures par jour, ce qui pousse des familles à maintenir l’usage des générateurs au fioul , malgré le coût et les nuisances environnementales qu’ils engendrent. »

Pour les centres de Pitchai Pillai ainsi que le campus de Fatima Church où se trouve l’ex Parly Centre, ils ont un groupe électrogène. C’est d’ailleurs l’ASEV qui a offert le sien à Pitchai Pillai car le précédent avait rendu l’âme!

Paiements électroniques en INDE

Après la démonétisation géante , le basculement du pays vers les transactions numériques est devenu la priorité du gouvernement pour lutter contre l’évasion fiscale.

Près de New-Delhi, une jardinerie fait figure d’oasis. lancée récemment par un couple, cette « petite entreprise » vend des plantes à des citadins en mal de nature. Au moment de passer à la caisse, l’une des clientes hésite , cherche son porte-monnaie puis demande : « vous acceptez Paytm? ». « Oui , pas de problème! ».L’acheteuse saisit son téléphone portable , clique sur l’application et scanne le code du magasin. En quelques secondes, la transaction est faite. Acheter des plantes mais aussi une pizza, une place de cinéma, un billet d’avion, ou de bus…

Alors que c’était encore ultra-marginal il y a 8 mois , régler avec  un porte-monnaie électronique est désormais plus courant en Inde.

Dans un pays où l’essentiel des transactions se fait en argent liquide, on peut parler d’un début de révolution .

A l’entrée du métro de New-Delhi, dans l’une des stations, l’affiche sur fond orange surplombe l’escalier. On y voit Modi  mis en avant avec à ses côtés des petits commerçants. Le message est clair: tournez vous vers le « digital », faites ce geste pour rendre l’INDE plus propre, moins corrompue. la démonétisation achevée (voir l’article sur opération anti-corruption en Inde),  » l’Inde digitale » est devenue le nouveau fer de lance de la lutte contre l’évasion fiscale.

Réunion enfants-parents du 16 juillet 2017 à Vriddhachalam

 

Association pour le Soutien des Enfants de Vriddhachalam

(association régie par la loi de 1901 – parution au Journal Officiel du 19 août 1979)

                                            

 

22 juillet 2017

Chers amis,

La 8ème réunion bisannuelle de l’ASEV a eu lieu le dimanche 16 juillet à Vriddhachalam. Elle était organisée par Sr Meera et Paramananda Raj (Bhaï) pour les enfants parrainés par l’ASEV et Quimperlé et pour leurs parents.
Après la messe du dimanche, 141 filleuls se sont enregistrés. Trois étaient absents pour cause de maladie.

A 10h la journée a démarré par un hymne au Saint Esprit, une lecture de la Bible et une prière animées par Alphonsa Santhia et Felina Alice Nirmala.

Jesudoss, l’un des parents, a accueilli les invités dont M.Ramesh, membre du Rotary Club, le Père Arokia Doss, Sr Stella principale de Fatima School, Sr Benedicta supérieure de Fatima, Sr Cecilia,  et l’assemblée.

Sr Meera a honoré M Ramesh, invité d’honneur, d’un châle et les autres ont été honorés par des filleules et par Bhaï.
Sr Meera a lu le rapport annuel du Projet éducationnel Père Yves Olivier pour l’année scolaire 2016-2017. Un rapport très enrichissant et qui donna une meilleure compréhension à toutes les personnes présentes sur l’estrade ainsi qu’aux filleuls et à leurs parents, de l’ensemble des activités du Projet durant cette année.

Sr Meera lut également une lettre d’Anne Dumas, présidente de l’ASEV ainsi qu’un mail d’Alain Petitjean du Comité de Quimperlé. Tous deux exprimaient leurs meilleurs vœux pour le succès de cette réunion et transmettaient l’affection des parrains à leurs filleuls.

Puis ceux qui avaient obtenu les meilleures notes à leur examen de fin de 10ème (notre classe de seconde) ont été félicités et ont obtenu un prix en roupies pour les encourager. Ces prix ont été distribués par M Ramesh, l’invité d’honneur de la journée. Ci-dessous ceux de l’ASEV.

1er prix : Jack Roy Olivier (2000 rps)

  2ème prix : E Geena Evangelina (1500 rps)

3ème prix : Joyce Anna Mary (1000 rps) . Prix de consolation : Alice Mary (500 rps).
Tous ces élèves ont été photographiés avec leurs parents sur l’estrade.

 

Bhaï félicita les 6 étudiants qui avaient terminé leurs études en mai 2017. Pour l’ASEV : A Rexiline  Felicia en mathématiques, P Flora infirmière, Maria Suga Priya ingénieur électronique et communication, Sharmi Arokia Mary anglais.
Au nom de tous, Maria Suga Priya a partagé son expérience et exprimé sa reconnaissance. Elle a évoqué ses études depuis le primaire jusqu’en université rendues possibles grâce à la générosité des parrains et du Père Olivier. Elle était fière de dire qu’aujourd’hui , elle et les 5 autres étudiants étaient devenus autonomes et avaient une qualification dans la société grâce à ce magnifique Projet.

Tous ont été photographiés avec leurs parents.

Sharmi Arokia Mary a offert son premier salaire en tant que professeur d’anglais (12000 roupies environ 170€) pour l’éducation d’un enfant pauvre. Sr Meera a promis d’utiliser cet argent  selon la volonté de la donatrice.sa générosité et sa gratitude ont été admirés par tous. Que Dieu la bénisse ainsi que tous les membres de sa famille.
Pour encourager la régularité dans leur vie spirituelle et leur présence aux cours,, 31 jeunes ont reçu un petit cadeau.

Sr Meera a félicité tous les étudiants qui avaient réussi leur examen de fin de 10ème (2nde française) et de 12ème (terminale) et a demandé qu’on les applaudisse ! Elle a souhaité aux jeunes qui rentraient dans la vie active , un brillant avenir. Quant à ceux qui avaient raté une matière en dernière année d’université, elle leur a conseillé de suivre d’autres matières en même temps que celle à rattraper , tout en soulignant sa tristesse de voir une année perdue en énergie et en argent !

Sr Meera a ensuite donné quelques consignes pour rédiger la lettre aux parrains , demandant de parler d’eux-mêmes et de leurs activités en classe ou en dehors. Faites plaisir à vos parrains en leur donnant de vos nouvelles. Cela les intéresse !

Puis Sr Meera a expliqué aux parents qu’il lui a fallu changer la date de remise des chèques (au lieu d’espèces auparavant) pour les étudiants à cause de la nouvelle réglementation bancaire. Au lieu de venir le quatrième samedi du mois , elle viendra le troisième samedi pour que le chèque soit encaissé avant la fin du mois.

Sr Meera a insisté pour que les jeunes aillent à la messe régulièrement. La vie spirituelle est très importante, les choses matérielles vont et viennent mais la présence de Dieu est toujours avec nous.

Le Père ArokiaDoss et Sr Stella ont insisté sur les valeurs de reconnaissance , de partage, de générosité et de pardon, sur la nécessité de bien travailler sous le regard bienveillant du Père Olivier, et pour remercier leurs parrains qui font des sacrifices pour leur permettre d’étudier. Ils ont aussi félicité Sr Meera et Bhaï  pour leur travail incessant au cours de ce Projet en vue du bien-être des enfants et d’un meilleur futur.
M Ramesh, invité d’honneur, a exprimé sa gratitude envers le Père Olivier avec qui il a travaillé et partagé joies et peines à tous les niveaux. Il dit être heureux de voir se prolonger ainsi l’œuvre du Père Olivier à travers ce Projet et la FOEA même après la mort du Père Olivier.Tous se réunirent autour de la tombe du Père Olivier pour lui rendre hommage dans la prière.

Puis un repas fut servi à tous et les filleuls écrivirent une lettre à leurs parrains.

Chacun reçut 300 roupies pour rembourser ses frais de transport et retourna chez lui dans la joie et la bonne humeur ! A 5h de l’après-midi, tout était terminé.

Ce  rapport a été fait par Sr Meera.

 

 

Opération anti-corruption en INDE

L’opération anti-corruption en Inde tourne au chaos.

Le premier ministre Narendra Modi, a pris la nation par surprise en annonçant la démonétisation des gros billets de banque, devenant des « bouts de papier sans valeur ». Les billets de 500 et 1000 roupies sont retirés de la circulation et peuvent bien sûr être déposés ou échangés dans les banques. Deux nouveaux billets  de 500 et 2000 roupies les remplaceront d’ici à 5 semaines.

En attendant , le quotidien de ce pays de 1,3 milliard d’habitants est paralysé par cette mesure choc qui vise à lutter contre la corruption et à enrayer l’évasion fiscale. Et les Indiens se retrouvent pratiquement sans un billet en poche. Devant les banques et les distributeurs automatiques, la cohue ne faiblit pas.

L’économie quotidienne du pays qui fonctionne à près de 90% par des paiements en liquide , est  touchée de plein fouet.Les petits commerces qui fonctionnent en cash , ferment leurs portes ou font crédit! Les paiements électroniques qui ne représentaient que 14% des échanges, explosent. La situation est encore plus laborieuse dans les campagnes.

Cette décision soudaine a provoqué également un sérieux problème pour les familles préparant des cérémonies de mariage dont c’est la pleine saison, et qu’ils paient en liquide.

La grande question est de savoir si la mesure sera efficace. Est-elle un coup d’éclat politique? Elle éblouit une partie de la population qui a porté le nationaliste hindou Narendra Modi  à la tête de l’Inde. « Modi va nettoyer notre pays! ».

Dans l’immédiat, le gouvernement neutralise les trafiquants, les échappés du fisc, les fraudeurs et les utilisateurs de faux billets, dans un contexte où l’ampleur de l’économie grise correspondrait à près d’un quart (23%) du PIB de l’Inde, selon la Banque mondiale.

Narendra Modi le promet déjà: « J’ai encore d’autres projets en tête pour transformer l’Inde en un pays sans corruption »…

Extraits d’un article de Vanessa Dougnac.

Graines sans parents: éduquer des enfants séparés de leurs parents

Dans le Tamil Nadu, au sud-est de l’Inde, des enfants privés de leurs parents, sont pris en charge dans un cadre éducatif et familial qui leur permet de grandir et s’épanouir sereinement.

Leurs parents sont soit prisonniers à vie, soit malades de la lèpre, ou semi-orphelins, orphelins ou encore sous le seuil de pauvreté.

SEED (Society for Educational and Economic Development),  a été fondée en 1982 et est partenaire d’ASMAE depuis 1999. Elle a mis en place plusieurs écoles, primaire, secondaire et technique, reconnues par le gouvernement indien. L’objectif est d’accompagner au plan éducatif et scolaire l’enfant jusqu’à l’âge adulte et l’insertion professionnelle. Depuis la création, 955 enfants sont sortis de l’école technique.

Parce qu’il avait connu lui aussi une enfance difficile, M.A.R Palanisamy, ancien fonctionnaire d’une grande banque indienne, a créé cette Association afin d’offrir une prise en charge gratuite et totale , du primaire à la formation professionnelle.

Des parents détenus peuvent faire part de leur souhait d’envoyer leurs enfants en pension. L’administration pénitentiaire en informe le fondateur de SEED . Les enfants de 5 à 10 ans qui vont en école primaire (Mahatma Gandhi Primary School), sont logés  et encadrés par des « house mothers ». Ces mamans apprennent aux plus petits à se brosser les dents, à mettre l’uniforme, à respecter l’ordre. Elles sont aussi leurs enseignantes. Ceux qui sont en collège (Mahatma Gandhi Residential High School), vont dans des foyers d’accueil avec des « house fathers » qui prennent soin d’enfants de 10 à 15 ans. Même marginalisés , les parents sont intégrés autant que possible à l’éducation de leur enfant.

Celui-ci devient alors comme la petite graine (seed en anglais), qui semée dans un terreau favorable , peut enfin pousser.

Extrait d’un article de France Lebreton, envoyée spéciale du journal La Croix, au Tamil Nadu.