Système scolaire indien

Le principe de l’école gratuite et obligatoire pour les enfants de 6 à 14 ans est inscrit dans la Constitution indienne. Alors que 96,5% des enfants des campagnes sont scolarisés (selon les statistiques officielles de 2012), la qualité de l’enseignement public est vivement critiquée. Environ 25% des professeurs sont absents chaque jour. Seul un professeur d’école primaire sur 5 serait correctement formé. L’OCDE a évalué en 2009 le niveau de connaissances des enfants  et classé l’Inde en 73ème position sur 74 pays.

Les familles indiennes qui le peuvent s’orientent vers le privé : entre 2011 et 2016, le public a perdu 13 millions d’élèves et le privé en a gagné 17,5 millions.

Autre problème : seuls 40% des adolescents accèdent au secondaire.

Vineet Nayar, l’ancien patron d’une des principales sociétés de services informatiques indiennes,  met désormais ses compétences au profit de sa fondation Sampark pour l’éducation des jeunes indiens. Son discours et ses méthodes sont en cohérence avec ses valeurs : honnêteté, transparence, confiance et dialogue.

« Ma femme et moi avons investi 100 millions de dollars dans la fondation Sampark avec un seul objectif : transformer radicalement l’enseignement primaire en Inde ».

Au sein de sa fondation, l’objectif est de doter dix millions d’enfants, habitant les campagnes les plus reculées, de bases solides en anglais et en maths. Des supports audio en plastique bénéficiant d’une autonomie de 15 jours et rechargeables grâce à une dynamo ont été conçus pour un euro par an et par enfant.

100 000 enseignants ont adhéré aux modules de formation organisé par Sampark, diffusé dans 76 000 écoles qui accueillent sept millions d’enfants.

Au bout d’un an le résultat était déjà spectaculaire : 86% des écoliers étaient capables d’effectuer les calculs élémentaires, et plus de 80% d’entre eux peuvent apprendre 500 nouveaux mots en anglais , 100 phrases et 25 histoires en 120 leçons.

En 2025, les 100 millions de dollars seront consommés et Vineet Nayar et sa femme fermeront la fondation Sampark.

« Un objectif doit avoir un terme. Les idées en open source survivront. Nous ne voulons surtout pas que la fondation se confonde avec nous, car vous pouvez tuer une organisation quand il y a confusion entre sa raison d’être et sa propriété ».

extrait d’un article de Françoise Blind, dans Les Echos week-end

Comment l’Inde perd son âme

Du 11 avril au 19 mai se tiennent les élections législatives en Inde : pour recueillir 900 millions de voix , une caravane de votation parcourt le pays entier.

En 1990 naît un parti nationaliste hindou , le BJP, le parti du peuple indien. D’emblée, ce parti a rejeté la profonde tolérance qui a permis jusqu’en 2014 à huit religions de coexister en Inde : l’hindouisme (900 millions de personnes), l’islam ( presque 200 millions), le christianisme ( 27 millions), les sikhs (20 millions), le bouddhisme (8 millions), le jaïnisme ( 4,5 millions), le zoroastrisme, le judaïsme sans compter les religions autochtones (100 millions)….

Présente sur le drapeau de l’Inde avec le sceau de l’empereur bouddhiste Ashoka, non seulement la non-violence a fait progresser l’Inde, mais aussi la conscience du monde. C’est cela que Narendra Modi , le premier ministre actuel, est en train de liquider….

Modi peut-il être battu ? Peu de progrès économiques, déception de la « neo-middle class », jeunes à qui Modi avait fait toutes les promesses. Les stars de Bollywood sont des acteurs musulmans toujours populaires. Et pour le vieux parti du Congrès, social-démocrate, Priyanka Gandhi, petite-fille et sosie d’Indira, est enfin entrée dans la bataille.

Le Taj Mahal, trop musulman, a été retiré des circuits touristiques officiels! Et l’assassin de Gandhi a maintenant ses statues.

 

extrait de la chronique de Catherine Clément, La Croix, 6 mai 2019

« Hindouiser les noms de villes »

Emmenée par les nationalistes hindous, l’Inde rebaptise de nombreuses villes aux consonances islamiques.

Cette année, plus de 25 villes ont fait les frais de cette stratégie linguistique visant à les rendre plus « hindoues » dont Allahabad, haut lieu de pélerinage mais datant des conquérants musulmans.

Pour renouer avec ses racines hindoues antérieures, Allahabad sera désormais « Prayagraj ».

Pour Narendra Modi et son parti le BJP, il s’agit de se « reconnecter avec le glorieux passé »  de l’Inde.

Depuis l’indépendance, plus de 100 villes ont été rebaptisées. Bombay est devenue Mumbai, Calcutta Kolkata, Pondichéry Puducherry , Madras Chennai et Vriddhachalam Viruthachalam! Ces mesures sont une réaction contre les anciennes présences impérialistes. Et derrière ces batailles orthographiques se joue la volonté des Indiens de se réapproprier leurs langues locales et leur histoire.

A présent, les dirigeants du BJP envisagent de changer le nom d’Agra (Taj Mahal) mais aussi d’Ahmedabad, la capitale du Gujarat.

L’idéologie hindouiste est en conflit avec l’héritage islamique et les invasions mogholes. Effacer les noms musulmans des villes s’apparente à une contre-attaque ou à une revanche d’après l’historien Arvind Sinha.

L’opposition dénonce « une menace » portée à l’identité multiconfessionnelle de l’Inde.

De l’érection de statues géantes aux noms des nouvelles lignes de trains, un travail minutieux aide à bâtir une Inde qui réinvente et glorifie sa mythologie hindoue.

extrait d’un article de Vanessa Dougnac.

Multilinguisme en Inde

Au pays du multilinguisme

(Extrait de la revue Nouvelles de l’Inde, de septembre-octobre 2018)

 

 

En Inde, l’apprentissage de plusieurs langues est une nécessité pour pouvoir communiquer dans tout le pays et même au sein d’une famille dont les membres parlent souvent différentes langues.

Ainsi, Akshaya, une petite fille de 8 ans du Kerala apprend à l’école le malayalam – la langue régionale du Kerala – ainsi que le hindi – l’une des langues que l’on parle plus ou moins bien dans différentes régions du pays – et suit son enseignement général en anglais. Si lorsqu’elle rentre à la maison, Akshaya parle malayalam avec son père et ses grands-parents paternels, sa mère, elle, ne lui parle que tamoul, la langue régionale du Tamil Nadu, dont cette dernière est originaire.

La petite fille doit donc maîtriser quatre langues différentes et quatre alphabets distincts. Car, pour compliquer les choses, le hindi, par exemple, s’écrit en caractères devanagari, hérités du sanskrit, alors que le malayalam, une langue dravidienne, qui n’a pas la même origine, a adopté un système d’écriture brahmique syllabaire, comprenant pas moins de 51 signes de base, tandis que l’anglais est enseigné grâce à l’alphabet latin et les 26 lettres que nous connaissons.

 

La constitution de la République indienne reconnait le multilinguisme du pays et prévoit des dispositions destinées à l’encourager dans tous les domaines. Ce texte fondateur énumère 22 langues officielles qui se répartissent en familles linguistiques d’origines et de structures distinctes : les langues dravidiennes (tamoul, télougou, kannada, malayalam), les langues tibéto-birmanes (bodo, manipuri, santali) et les langues indo-aryennes (toutes les autres).

Le hindi, langue officielle de plusieurs Etats, est parlée par 43,6 % de la population, soit 528 millions de personnes.

Le recensement indien de 2011 fait état d’un nombre de 19.569 langues et dialectes déclarés par les Indiens en tant que langue maternelle, mais, après classification, il retient le nombre de 121 langues (ne comptabilisant pas les langues parlées par moins de 10.000 locuteurs), tandis qu’un recensement entrepris par le projet « People’s linguistic survey of India » dénombre 780 langues parlées, et que d’autres statistiques parlent de plus d’un millier de langues. De quoi y perdre son latin … Ou plutôt son sanskrit !

Dans la pratique, dans les Etats du nord, les conversations se déroulent soit dans la langue de l’Etat, si tous les intervenants la maîtrisent, soit en hindi ; dans ceux du sud, elles sont menées soit dans la langue de l’Etat, soit en anglais.

 

Afin d’améliorer les interactions et la mobilité géographique, la Commission de l’enseignement secondaire du gouvernement indien a mis en place, dès 1952, les bases d’une politique éducative multilingue. Aujourd’hui, toutes les écoles sont censées proposer une formule trilingue, comprenant la langue maternelle ou la langue régionale, le hindi et une autre langue moderne, indienne ou étrangère. Les établissements publics se concentrent davantage sur les langues régionales, tandis que les écoles privées font la part belle à l’anglais.

 

Pour Gurcharan Das, un essayiste indien de renom, « L’Inde a toujours été une terre multilingue. Ce qui fait notre identité, c’est justement notre diversité ».

Mariages arrangés, une réalité indienne

En Inde, le mariage arrangé reste le maillon d’un projet social à l’échelle d’une vie.

Cette institution, incontournable pour 1,3 milliard d’Indiens, limite au strict minimum les relations du couple avant les noces. Comment peut-on ainsi s’engager pour la vie avec un partenaire dont on ne connaît rien ou si peu ?

« C’est un risque calculé , estime Radhika mariée il y a seize ans. Il y a une part de chance. Mais le principe est de procéder à une bonne sélection du partenaire selon les attentes de chaque famille. »

En Inde, trouver sa moitié est un projet social si bien articulé qu’il permet de durer lorsque l’entente est au rendez vous. « Définir ses attentes est essentiel afin d’éviter le compromis ou le regret . » Adnyesh et Apurva qui se sont connus grâce au site Matrimony.com respectent les traditions et le couple s’est accordé sur ses choix : vivre en Inde , malgré les possibilités de carrière à l’étranger, et aux côtés de leurs parents. « Un mariage consiste à épouser une famille entière, rappelle Apurva. Appartenir à la même caste est aussi le gage d’une adaptation immédiate ».

Le site Matrimony.com l’a bien compris et s’appuie sans complexe sur le système des castes . « Nous ciblons ainsi les gens issus d’une même culture, ce qui aide à limiter les frictions dans les mariages » explique le patron du site.

« La culture occidentale est basée sur le bonheur personnel. En Inde, il nous faut d’abord sécuriser financièrement et socialement notre vie . Et le mariage en fait partie. Ensuite vient le bonheur « .

 

extrait d’un article de Vanessa Dougnac.

 

A Delhi, une école sous un pont du métro.

Au cours d’un long périple autour du monde, le photographe Brice Garcin a découvert une étonnante école, installée sous un pont du métro, à l’initiative d’un épicier. Gratuite, elle accueille les enfants démunis du quartier.

<strong>Moyens rudimentaires.</strong><br/>Les écoliers sont toujours très attentifs. Aller à l’école est tellement inespéré pour eux ! Ils vivent en effet dans les bidonvilles voisins et leurs parents sont, pour la plupart, manœuvres, conducteurs de rickshaw, saisonniers, migrants. L’école a cependant peu de moyens : les tableaux sont peints sur les murs et, au début, les enfants étaient assis par terre./Brice Garcin/Hans Lucas

Moyens rudimentaires. 
Les écoliers sont toujours très attentifs. Aller à l’école est tellement inespéré pour eux ! Ils vivent en effet dans les bidonvilles voisins et leurs parents sont, pour la plupart, manœuvres, conducteurs de rickshaw, saisonniers, migrants. L’école a cependant peu de moyens : les tableaux sont peints sur les murs et, au début, les enfants étaient assis par terre. / Brice Garcin/Hans Lucas

Lorsqu’il était jeune, Rajesh Kumar Sharma rêvait de devenir ingénieur. Malheureusement, les difficultés financières de ses parents ne lui ont pas permis de se former dans l’école supérieure de ses rêves. Il est devenu épicier, métier dans lequel il a toutefois bien réussi. Mais, se souvenant de son passé douloureux, il a décidé de prendre sa revanche en aidant les enfants qui n’ont pas les moyens d’aller à l’école. À Delhi, la capitale indienne aux 20 millions d’habitants, dans le quartier pauvre de Yamuna Bank, il a ouvert, depuis 2006, ce qu’il appelle « l’école gratuite sous le pont ».

<strong>Discipline. </strong><br/>Avant le début des cours, Rajesh Kumar Sharma s’assure que tout est en place. Il n’hésite pas à faire montre d’autorité, histoire de « faire comprendre que gratuité ne rime pas avec absence de règles ». Grâce à son initiative, une partie des enfants rejoindra ensuite une école publique où l’enseignement est plus complet et où des repas gratuits sont fournis./Brice Garcin/Hans Lucas

Discipline. 
Avant le début des cours, Rajesh Kumar Sharma s’assure que tout est en place. Il n’hésite pas à faire montre d’autorité, histoire de « faire comprendre que gratuité ne rime pas avec absence de règles ». Grâce à son initiative, une partie des enfants rejoindra ensuite une école publique où l’enseignement est plus complet et où des repas gratuits sont fournis. / Brice Garcin/Hans Lucas

Il a en effet investi un espace entre les piliers d’un des ponts du métro pour y installer une salle de classe improvisée. Puis, il a écumé les environs pour convaincre les parents de laisser les enfants aller à l’école qui est, selon lui, le meilleur antidote à la criminalité. D’ailleurs, selon l’Unesco, faute d’aller à l’école, 17,7 millions d’enfants et d’adolescents indiens sont susceptibles de tomber dans différentes formes de déviances.

<strong>Soins. </strong><br/>À Delhi, des médecins volontaires, équipés d’une ambulance, vont distribuer gratuitement des médicaments dans les quartiers pauvres. Depuis qu’ils ont appris l’existence de l’école, ils ont pris l’habitude de venir trois fois par mois prendre soin des écoliers. Ceux-ci font la queue devant le camion. Compte tenu du dénuement de leurs familles, c’est leur seule chance d’être soignés./Brice Garcin/Hans Lucas

Soins. 
À Delhi, des médecins volontaires, équipés d’une ambulance, vont distribuer gratuitement des médicaments dans les quartiers pauvres. Depuis qu’ils ont appris l’existence de l’école, ils ont pris l’habitude de venir trois fois par mois prendre soin des écoliers. Ceux-ci font la queue devant le camion. Compte tenu du dénuement de leurs familles, c’est leur seule chance d’être soignés. / Brice Garcin/Hans Lucas

Chaque matin, Rajesh Kumar Sharma, désormais aidé par un assistant et par des volontaires, enseigne à ses petits protégés l’anglais, l’hindi, l’histoire-géographie et les mathématiques.

<strong>Renfort. </strong><br/>L’école reçoit de plus en plus de renfort. Non seulement Rajesh Kumar Sharma est désormais aidé par un assistant très dynamique, Laxmi Chandra, mais des volontaires donnent régulièrement des cours. Sur cette photo, le fils de Laxmi Chandra est en train de corriger les cahiers. Le sérieux de la petite élève, son appréhension d’avoir mal fait se lisent sur son visage./Brice Garcin/Hans Lucas

Renfort. 
L’école reçoit de plus en plus de renfort. Non seulement Rajesh Kumar Sharma est désormais aidé par un assistant très dynamique, Laxmi Chandra, mais des volontaires donnent régulièrement des cours. Sur cette photo, le fils de Laxmi Chandra est en train de corriger les cahiers. Le sérieux de la petite élève, son appréhension d’avoir mal fait se lisent sur son visage. / Brice Garcin/Hans Lucas

Longtemps professeur de design graphique, Brice Garcin, 42 ans, a décidé un jour de changer de vie et de faire de la photo, qu’il pratiquait déjà, son métier. Il s’est alors lancé dans un tour du monde qui a duré deux ans et demi. À Delhi, un Anglais qui s’était porté volontaire pour « l’école sous le pont » lui a fait découvrir cette initiative maintenant bien installée. Les dons, qui commencent à affluer, ont permis d’acheter un peu de matériel, des cahiers et des chaises notamment. Au début, les écoliers étaient assis par terre dans la poussière.

Photos de Brice Garcin/Hanslucas Texte de Paula Boyer

Séjour en Inde 2017

Voici le compte-rendu du voyage d’Anne Dumas, Présidente de l’ASEV, qu’elle a effectué avec plusieurs membres de sa famille et d’autres parrains.

                             Séjour en Inde octobre-novembre 2017

Jeudi 26 octobre.

Arrivée à Chennai avec Marie-Laure et Mahaut Dumas à 05h du matin. Sr Esther, ma première filleule, nous accueille et nous amène à son couvent-hôpital. Cette fois-ci, compte-tenu de l’heure matinale, nous n’avons pas de difficulté à circuler dans Chennai.

Esther nous indique nos chambres, Mahaut et Marie-Laure dans le bâtiment des sœurs et moi dans le nouvel hôpital à l’étage de la maternité. Nous nous reposons un moment avant de prendre un petit déjeuner.

Pendant ce temps, Esther a fait changer nos euros en roupies

au taux de 76,60 rs pour un euro.

Nous discutons avec elle sur la construction du futur bâtiment destiné à remplacer le vieil hôpital rasé depuis peu.

Esther nous en montre les plans prévus sur 3 niveaux et installés sur de solides piliers. Il y a eu des tests pour vérifier si le sol était correct. Il y aura « a deep foundation system » avec des piliers enfoncés sur 15 mètres de profondeur, un de 35 cm de diamètre et un autre de 45 cm de diamètre.

Elle est en attente d’un « building approval » pour démarrer la construction. Elle a dû concéder une partie du terrain bordant la route pour que le gouvernement puisse l’élargir.

Les sœurs sont aujourd’hui au nombre de onze. Mais il y a également un personnel soignant, des infirmières, une physiothérapeute, des laborantines etc. Dans le nouveau bâtiment destiné à devenir un home pour personnes âgées lorsque le nouvel hôpital sera construit, le rez de chaussée accueille des patients adultes en consultation tandis que le premier étage abrite la maternité.

Grâce à l’argent envoyé par Marie-Ange, secrétaire de l’ASEV, (2580 euros de la campagne de carême de St Honoré d’Eylau) et celui de Martine, parraine de l’ASEV, (2500 euros) la maternité a pu s’équiper d’un appareil à ultra-sons (coût 7200 euros) pour déceler tout problème chez les femmes enceintes (foie, reins, pancréas).

Ses besoins aujourd’hui : une nouvelle machine à dialyse ou un ventilateur pour oxygéner les patients avant et après une opération et leur accorder une assistance respiratoire.

Nous déjeunons avec les sœurs avant d’aller visiter Chennai avec Esther. Esther nous emmène visiter le temple Kapeleeswara. Les abords sont fournis en petites échoppes vendant des fleurs ou guirlandes à offrir dans le temple . Pour Marie-Laure et Mahaut dont c’est le premier contact avec l’Inde, le dépaysement est total.

Mais pour Esther, Chennai c’est aussi la cathédrale San Thome (St Thomas qui serait venu évangéliser l’Inde et aurait été martyrisé à Chennai) dans laquelle le pape Jean Paul II est venu se recueillir.

Puis nous allons au sommet du phare de Chennai d’où nous avons une vue saisissante sur la ville et le bord de mer. Plusieurs familles indiennes tiennent à se faire photographier avec nous !!!

Vendredi 27 octobre.

Esther nous demande de venir avec nous jusqu’à Tindivanam pour y voir sa maman très malade, qui est à l’hôpital de Cluny.

Nous avons un peu de mal à caser tous nos bagages entre un coffre assez petit et cinq passagers dans la voiture que Bhaï nous a envoyée !

Au cours du trajet jusqu’à Mahabalipuram, nous essuyons une très grosse averse due à la mousson qui démarre et sommes un peu inquiètes pour notre visite ! Mais à notre arrivée à Mahabalipuram, nous visitons les temples sous un grand soleil et par une grosse chaleur. Esther découvre pour la première fois les temples, les caves sculptées, la célèbre descente du Gange et les cinq rathas ainsi que le superbe Temple du Rivage.

Après un déjeuner en bord de mer, nous reprenons la route pour Tindivanam où nous voyons la maman d’Esther, visiblement proche de la fin. Esther me dit que sa maman sait qui je suis. C’est la cinquième fois que je la rencontre en 30 ans ! Puis nous roulons vers Vriddhachalam, où Bhaï nous accueille dans le campus de Fatima Church Nous logerons dans le presbytère construit pour Yves mais dans lequel il n’a jamais voulu dormir !

Nous dinons chez Bhaï avec sa femme Jacqueline qui assurera nos repas les trois jours suivants, même lorsque nous serons plus d’une douzaine !

Samedi 29 octobre

Vers 10h nous partons déjeuner chez Emmanuel, notre second filleul et père de notre cinquième filleul Jack.

L’accueil se fait avec des guirlandes, des échanges de cadeaux et prise de photos.

Nous discutons longuement avec Emmanuel et son épouse qui s’appelle aussi Esther. Jack, 16 ans, nous dit vouloir devenir business man dans la banque après des études à Bangalore ou Chennai ( ?) et son frère Gilles, 11 ans, veut devenir neurologue pour étudier les cerveaux !

Les deux parents travaillent et n’ont pas vraiment de difficultés financières. Ils ont même passé des vacances à Ooty dans les Montagnes Bleues. En fait, si nous parrainons Jack, c’était sur la demande express du Père Olivier. Nous n’avions pas pu le lui refuser. Nous passons une partie de l’après-midi à jouer et à admirer les tours de magie de Jack.
A peine de retour à Vriddhachalam, Sr Meera nous entraîne avec Bhaï choisir les vélos que nous allons offrir à six de nos filleuls.

Les membres de la Sté St Vincent de Paul nous attendent pour nous souhaiter la bienvenue. C’est toujours David qui en est président et qui nous honore d’un châle.

Les huit autres membres de notre groupe arrivés le matin même en Inde, nous rejoignent chez Bhaï où nous dinons avec le Père Arokia Doss curé de la paroisse et le Père Nirmal Raj ancien filleul de l’ASEV et bien sûr Sr Meera. Le dîner est très animé mais vers 10h la fatigue se faisant sentir surtout chez les nouveaux arrivés, nous retournons à Fatima et le groupe se dirige vers un hôtel près de la gare routière qui se révèlera très correct.

Dimanche 29 octobre

Notre groupe au complet (11 personnes dont 5 parrains et 3 jeunes correspondantes) assiste à la messe de 8h à Fatima Church, après y être entré en procession derrière le Père Arokia Doss, curé de la paroisse. Ce dernier nous présente et me demande d’en faire autant. J’évoque la présence de l’ASEV en Inde depuis 40 ans grâce au Père Olivier et sa pérennité grâce aux soeurs de Cluny et à Bhaï toujours fidèle à la mission que lui avait confiée le Père Olivier. Beaucoup de gens viennent nous saluer et se faire bénir!

Les membres de la FOEA (les anciens parrainés regroupés en Association) nous accueillent dans l’ancien Parly Center et nous offrent châles et noix de cajou.Ils nous feront part un peu plus tard de leur désir d’autonomie par rapport à la paroisse pour mieux gérer les sorties de l’ambulance ou du body-freezer. Pour cela, ils désirent construire un bâtiment sur le terrain que leur avait donné le Père Olivier avant sa mort. Ils auront besoin de notre aide financière. Jusqu’à présent, ambulance et body freezer se trouvent dans le campus de l’église. La nuit tout est fermé et les membres de la FOEA sont obligés de déranger le gardien ou le curé pour les récupérer !

Puis nous nous rendons dans le Committee Hall où nous attendent les enfants et leurs parents, tout du moins ceux qui vivent dans les environs de Vriddhachalam. Avant que nous remettions leurs cadeaux aux filleuls présents, Jancy Andrea, nouvellement parrainée, exécute une danse avec une ou deux postures de yoga, discipline dans laquelle elle excelle malgré son très jeune âge. Elle est très applaudie par tous.
Nous avions préparé un petit sac contenant des cahiers, des feutres, une gomme et un paquet de bonbons pour chaque enfant et distribué les lettres ou cadeaux remis par certains parrains en France. Ce à quoi nous ne nous attendions pas, c’est que les enfants, à l’instigation de Sr Meera, nous avaient préparé un cadeau pour leurs parrains, des noix de cajou, et que nos sacs à peine vidés, se sont aussitôt remplis et même n’ont pas suffi ! Il nous faudra racheter deux bagages  supplémentaires ! Plusieurs parrains présents, ayant désiré offrir un vélo à leur filleul, les leur remettent après le départ du plus grand nombre des autres.

Ne restent que les filleuls dont les parrains sont là et peuvent avoir un contact plus personnel.

Zoé retrouve sa correspondante Jancy Andrea et Lou retrouve Priscilla.

Après le déjeuner chez Bhaï où Jacqueline, son épouse, nous reçoit toujours aussi gentiment, nous partons avec Sr Meera, retrouver nos filleuls dans leurs villages respectifs.

A Veeraredikupam, la famille de Jomes Litwin et Jomes Leo nous accueille avec des guirlandes et nous offre des noix de cajou grillées et du jus de noix de coco, fraichement coupées.  Les jumeaux sont fiers de pédaler sur leurs nouveaux vélos. Nous les verrons le surlendemain se rendant à leur école en vélo.

Christophe, parrain de Jomes Litwin lui confie son appareil photo  et ce dernier nous suit partout, faisant un reportage complet de notre visite de Veeraredikupam! Je distribue des bonbons aux enfants que nous rencontrons avant d’arriver chez Arokia Mary, la correspondante de ma petite-fille Mahaut. Les deux filles sont ravies de se rencontrer enfin après avoir correspondu par mails pendant plusieurs mois. Les voici avec Marie-Laure, la maman de Mahaut et les parents d’Arokia Mary et sa petite sœur, avec le vélo offert le matin.

Les enfants du village ne nous quittent pas et comme il y a de la musique dans une maison voisine, Elodie, la maman de Lou et Zoé danse avec eux pour leur plus grande joie !


Nous nous rendons ensuite à Narumanam, où habite Priscilla, filleule de Christophe et correspondante de Lou. Après les traditionnelles guirlandes de jasmin, nous avons droit à des noix de cajou et des noix de coco du jardin.

Un des frères de Priscilla va cueillir une fleur de lotus sur l’étang voisin pour Lou.

Le soir tombe très vite et nous rentrons à Vriddhachalam avec Pierre qui tient à aller chez son filleul le lendemain, laissant les sept autres faire un peu de tourisme dans le sud.

Dîner très léger chez Bhaï car les noix de cajou offertes toute l’après-midi sont très nourrissantes !

Lundi 30 octobre

Départ tôt le matin Marie-Laure, Mahaut, Pierre, Sr Meera et moi pour Neyveli où nous allons nous rendre à l’école St Paul où 4200 garçons en uniforme rouge et blanc sont dirigés par le Père Nirmal Raj que je connais depuis trente ans. Il était directeur à Irrupukurichi à ma dernière visite en janvier 2016 et vient d’être nommé directeur de St Paul à Neyveli.

Comme tous les lundi matin, nous assistons au lever du drapeau puis admirons les 220 élèves travaillant dans un silence absolu pour un devoir sur table.

Le Père Nirmal Raj nous fait entrer dans les classes de maternelle où les petits sont ravis de nous réciter tout en les mimant des comptines en anglais. Le bureau du Père est superbe et il nous offre, devinez quoi ? Des noix de cajou et des guirlandes !

Le Père nous emmène ensuite visiter depuis un point de vue officiel, la mine de charbon de Neyveli. Une mine à ciel ouvert, très impressionnante non loin d’une centrale thermique.

Dans l’après-midi, nous nous rendons à pied pour sentir l’ambiance, jusqu’au temple de Vriddhachalam où nous avons la chance d’assister à deux fêtes de fiançailles avec musique locale et magnifiques saris !

Nous nous rendons ensuite dans le camp de réfugiés tamouls, rentrés du Sri Lanka à cause de la guerre, il y a 25 ans ou plus. Le gouvernement avait alors attribué à chaque famille une maison de 10m2 et l’ensemble est finalement assez sympathique.
Il est vrai que l’accueil qui nous est réservé est on ne peut plus chaleureux et que nous sommes reçus dans les quatre familles de nos filleuls avec beaucoup de générosité. Le filleul de Pierre ne va plus le quitter d’une semelle ! Les photos se multiplient et les noix de cajou, cacahuètes, biscuits, fanta, pepsi, thé se succèdent chez chaque filleul.

Nous visitons la petite église construite par les paroissiens et qui est tout près du petit temple hindou. Il y a une excellente co-habitation entre hindous et catholiques.

Mardi 31 octobre

Comme Pitchai Pillai nous a invités dès le petit déjeuner pour rencontrer les enfants du Centre Rd Fr Olivier, nous partons très tôt avec Sr Meera dans le minibus du groupe de Christophe.

L’accueil est comme toujours somptueux : guirlandes, puja, pétales de fleurs sous nos pieds etc… Une grande banderole avec la plupart des membres de notre groupe est installée sur le bâtiment principal.

Nous allons servir le petit déjeuner aux enfants pour leur plus grande joie. Ils ne sont pas en uniforme car la mousson empêche leurs instituteurs de venir leur faire classe.

Nous admirons les enfants en train de confectionner des boucles d’oreille avec beaucoup d’adresse et de patience. Mahaut et Marie-Laure s’y essaient à côté d’eux. La matinée se poursuit avec un court spectacle de majorette de Lou suivi d’une Zumba de Lou et Zoé. C’est au tour des enfants de danser pour nous, dont deux jeunes filles en très jolis costumes.

Pitchai Pillai trouve des chansons en français sur lesquelles Christophe et Marie-Laure se mettent à danser bientôt suivis par les autres qui invitent les enfants à en faire autant ! C’est un franc succès, jusqu’à un petit garçon en fauteuil roulant qui va participer à la fête! Puis Pitchai Pillai nous présente son équipe et explique ce qu’il a fait avec l’argent donné par l’ASEV depuis 2009 date de la création du Centre Rd Fr Olivier. Ensuite nous sommes tous honorés d’un châle à la mode indienne et d’une imposante guirlande en boules de santal.

Après un sympathique buffet au cours duquel nous discutons longuement avec Pitchai Pillai et son épouse Julie qui nous expliquent leurs futurs projets, nous nous séparons en deux groupes.

Sr Meera, Marie-Laure, Mahaut et moi partons pour Cuddalore pour y rencontrer cinq de nos filleules à l’école Ste Anne.

Les 8 autres resteront jouer avec les enfants trois bonnes heures et auront du mal à les quitter. Les contacts sont pris, les mails échangés. Il y aura une suite !
A Cuddalore, nous retrouvons Arokia Mary à la grande joie de Mahaut et nous visitons son foyer, salle d’études et dortoir. Toutes les élèves présentes nous font un accueil triomphal !

Mercredi 1er novembre

Nous sommes tous maintenant à Pondichéry à la Villa Krish en pleine Ville Blanche. A 6h15, les plus courageux se retrouvent à Notre Dame des Anges pour la messe de la Toussaint en français. Christophe se souvient y être venu en 1991 !

En se promenant sur le bord de mer, nous voyons les préparatifs de la fête d’Indépendance de Pondichéry qui a lieu ce jour-là quelques heures plus tard. Sr Meera nous a  invités à déjeuner à l’hospice où elle a son bureau avec les dossiers des enfants et tous les membres de notre groupe sont impressionnés par sa compétence . Elle nous montre comment elle travaille avec toutes les organisations.

L’après-midi sera consacrée à des courses dans Pondichéry tandis que je vais retourner à Cuddalore avec Sr Meera pour donner leurs cadeaux aux cinq filleules à Ste Anne.

La rencontre avec ArokiaPriyaDharshini est particulièrement émouvante car elle vient juste de perdre sa maman après avoir perdu son père trois ans auparavant. Sa marraine lui a offert entre autres une chaine avec un petit cœur pour qu’elle se sente aimée quand elle la portera.

Jeudi 2 novembre

La matinée va être consacrée à la rencontre de sept filleuls qui ne sont pas venus à Vriddhachalam car ils habitent à Pondichéry. C’est dans une ambiance très joyeuse que nous les retrouvons avec à nouveau danses et chansons ainsi qu’échange de cadeaux. Dans l’après-midi, achats au « Big Market » avec Sr Meera (redoutable négociatrice) pour le Marché de Noël. Après une rencontre avec Sr Rosita, la Provinciale, et Sr Shanti, la Sœur économe le lendemain matin, nous sommes trois à repartir sur Chennai via Tindivanam voir Sr Jane et retrouver Sr Esther avant de prendre notre avion de retour, non sans avoir essuyé de solides averses de mousson !

La seconde partie du groupe ne rentrera que le lendemain. Tous sont ravis de leur séjour là-bas.

 

 

 

 

 

En Inde, le pari de l’électricité pour tous

Il y a quelques années, en visitant les villages autour de Vriddhachalam, le Père Olivier nous faisait remarquer que le gouvernement fournissait l’électricité gratuite à raison d’une ampoule   par maison et qu’il y avait un poste de télévision par village, avec une seule chaîne  qui diffusait  les nouvelles .

Aujourd’hui, » le gouvernement indien a promis de raccorder tous les foyers d’ici à la fin 2018. L’objectif semble très difficile à atteindre dans les délais pour un pays où 300 millions de personnes n’ont aucun accès à l’électricité, soit près d’un Indien sur quatre. Il s’agit d’un problème épineux dans un pays où les températures dépassent allègrement les 40°C et où la conservation des aliments exige des réfrigérateurs. La situation est particulièrement difficile dans le nord. A l’inverse , dans le sud du pays, les taux d’électrification dépassent déjà les 90%.

Le rattachement au réseau sera gratuit mais un village électrifié ne signifie pas nécessairement que tous ses habitants aient l’énergie dans leur foyer!

L’Inde qui connaît une forte croissance économique et multiplie les projets industriels gourmands en énergie, souffre de coupures de courant répétées dues à un déficit énergétique considérable. Les programmes géants de développement des panneaux solaires ou le lancement de centrales nucléaires ne suffisent pas à équilibrer la demande.

En conséquence, de nombreux foyers ne peuvent utiliser l’électricité que quelques heures par jour, ce qui pousse des familles à maintenir l’usage des générateurs au fioul , malgré le coût et les nuisances environnementales qu’ils engendrent. »

Pour les centres de Pitchai Pillai ainsi que le campus de Fatima Church où se trouve l’ex Parly Centre, ils ont un groupe électrogène. C’est d’ailleurs l’ASEV qui a offert le sien à Pitchai Pillai car le précédent avait rendu l’âme!

Le Jaïnisme

On estime le nombre de jaïns à 9 millions en Inde . ils seraient par ailleurs plus de 200 000 laïcs exilés aux Etats Unis et d’autres pays.

« On naît jaïn parce que l’on appartient à une famille pratiquant cette religion. Les jaïns ne font pas de prosélytisme et rares sont les conversions au jaïnisme. »

C’est l’une des plus anciennes religions au monde, puisqu’elle est apparue dans l’Inde antique au Xème siècle avant notre ère. Même si les hindous ont longtemps prétendu le contraire, le jaïnisme se différencie profondément de l’hindouisme.

Le jour de l’anniversaire de Mahavira, considéré comme le fondateur du jaïnisme, jour considéré comme une sorte de « Noël des jaïns », le premier ministre indien dépose une gerbe de fleurs devant sa statue .

Le but de l’existence dans le jaïnisme est d’atteindre l’illumination ou nirvana, et de sortir du cycle des réincarnations ou samsara. Les jaïns refusent toute brutalité non seulement par les actes et les mots mais aussi par les pensées. Depuis toujours, ils pratiquent et prêchent le respect de la nature et de l’environnement.

En cohérence avec ce voeu de non-violence les jaïns sont végétaliens et végans: ils ne mangent ni viande, ni poisson, ni oeufs, ni produits laitiers, ni vin, ni miel; ne portent jamais de cuir , de fourrure , de laine ou de soie .

Pour les remercier de leur engagement en faveur de la Création, le pape François a reçu en juin 2016 des représentants de l’Institut de jaïnologie de Londres. L’auteur de Laudato si a encouragé les jaïns à poursuivre ce qu’ils font pour protéger la vie sur terre, comme on le ferait avec une mère ou une soeur, avec tendresse et paix. 

Paiements électroniques en INDE

Après la démonétisation géante , le basculement du pays vers les transactions numériques est devenu la priorité du gouvernement pour lutter contre l’évasion fiscale.

Près de New-Delhi, une jardinerie fait figure d’oasis. lancée récemment par un couple, cette « petite entreprise » vend des plantes à des citadins en mal de nature. Au moment de passer à la caisse, l’une des clientes hésite , cherche son porte-monnaie puis demande : « vous acceptez Paytm? ». « Oui , pas de problème! ».L’acheteuse saisit son téléphone portable , clique sur l’application et scanne le code du magasin. En quelques secondes, la transaction est faite. Acheter des plantes mais aussi une pizza, une place de cinéma, un billet d’avion, ou de bus…

Alors que c’était encore ultra-marginal il y a 8 mois , régler avec  un porte-monnaie électronique est désormais plus courant en Inde.

Dans un pays où l’essentiel des transactions se fait en argent liquide, on peut parler d’un début de révolution .

A l’entrée du métro de New-Delhi, dans l’une des stations, l’affiche sur fond orange surplombe l’escalier. On y voit Modi  mis en avant avec à ses côtés des petits commerçants. Le message est clair: tournez vous vers le « digital », faites ce geste pour rendre l’INDE plus propre, moins corrompue. la démonétisation achevée (voir l’article sur opération anti-corruption en Inde),  » l’Inde digitale » est devenue le nouveau fer de lance de la lutte contre l’évasion fiscale.