Rapport Moral 2020

Rapport moral 2020         Assemblée générale 2021 

L’année 2020, comme les années précédentes, a vu se poursuivre l’œuvre du Père Olivier via l’ASEV  grâce à Sr Meera à Pondichéry, et grâce également à Bhaï (A Paramananda Raj) actif sur place à Vriddhachalam, en particulier cette année où Sr Meera ne pouvait se déplacer entre Pondichéry et Vriddhachalam !

Que s’est-il passé en 2020 en Inde ?

Parmi les Sœurs de Pondichéry, c’est Sr Meera qui s’est occupée des 77 filleuls que nous parrainions de juin 2019 à avril 2020. 4 d’entre eux ont terminé leurs études. Pour l’année scolaire 2020-2021 nous avions 73 filleuls, 29 garçons et 44 filles, dont 40 en primaire et secondaire, 33 en études supérieures. Sr Meera suit les enfants de très près et me tient au courant dès qu’il y a le moindre problème.  Et depuis quelque temps il y en a !
Le 26 février, jour de l’anniversaire du Père Olivier, tombait le mercredi. Il y a eu une messe ce jour là mais la FOEA a attendu le 29 pour organiser des jeux pour les filleuls et un camp médical comme ils le font chaque année depuis la mort du Père Olivier, en présence de plusieurs membres du Comité de Quimperlé .                                                                                                     Cela se passait avant la pandémie que nous connaissons. Je vous rappelle ce que je vous avais envoyé en mars 2020 au début de celle-ci :

« Toute l’Inde est confinée et à Delhi, tous les ouvriers qui travaillaient à la journée et qui dormaient sur place ont été brutalement confinés sur place sans avoir ni le temps ni même la possibilité de retourner dans leur village. Quelques-uns ont essayé mais n’avaient aucun moyen de transport, ni bus ni train. Ceux qui sont coincés à Delhi ne peuvent plus travailler et n’ont rien pour se nourrir.

A Vriddhachalam, tous sont confinés également et personne ne peut y rentrer ni même en sortir. Les rues sont bloquées. Le quartier musulman le plus touché (suite à l’événement religieux du mois de février à Delhi qui avait rassemblé des musulmans de toute l’Inde) est fermé à tous. Il y a plusieurs cas confirmés.

A Pondichéry, Sr Meera est confinée dans son hospice et étant donné son état de santé (une immunité réduite due à son cancer) n’a pas le droit de sortir du tout ou si elle sortait ne pourrait plus rentrer de peur de contaminer les personnes âgées de l’hospice. Néanmoins, elle se fait beaucoup de souci pour les familles qui n’ont plus de travail et ne peuvent plus subvenir aux besoins essentiels de leurs proches. Sr Meera envisage de les aider par l’intermédiaire de jeunes soeurs du Provincialat et elle nous a demandé une aide financière pour le faire. Pour l’instant, Pondichéry semble moins touchée par le Covid 19 mais cela ne règle pas le drame de ceux qui ne peuvent plus nourrir leur famille. De plus, Sr Meera ne peut pas sortir de Pondichéry et s’occuper de ceux qui sont à Vriddhachalam et ses environs ! »

Le gouvernement a d’ailleurs exigé de toutes les communautés aidant les plus démunis ainsi que toutes les ONG ayant le même but, de fournir abri et nourriture à tous ! L’ASEV a envoyé dès le mois d’avril 3000 euros à Sr Rosita, provinciale des Sœurs de Cluny, dont dépend Sr Meera. Sr Meera en a gardé une partie pour la distribuer aux filleuls les plus pauvres sur Pondichéry.

Et en mai nous avons envoyé 1500 euros à Bhaï pour qu’il puisse également les distribuer aux plus pauvres de la région de Vriddhachalam. Bien que n’ayant pas le droit de circuler car en plein confinement, il s’est débrouillé de se faire accompagner par un ami fonctionnaire et par son fils et tout s’est très bien passé. Bhaï et son fils Anand ont pris une photo de chaque distribution et ont fait signer un reçu à chaque famille, reçu qu’ils m’ont envoyé. 43 familles ont ainsi pu être aidées (34 euros) en cette période si difficile pour eux. Le gouvernement du Tamil Nadu fournit gratuitement aux plus pauvres un peu de riz, lentilles, huile et sucre. Mais la plupart d’entre eux n’ont plus d’argent liquide car ce sont des journaliers qui ne peuvent plus travailler !
De plus un membre du CA a organisé une cagnotte en ligne qui a rapporté 1060 euros distribués par Bhaï à 34 familles de Vriddhachalam et des environs.

En 2020, Sr Meera n’a pas pu faire les deux réunions habituelles de juillet et décembre où elle réunissait enfants et parents de manière festive.

Et en France que s’est-il passé ?

  • Pas d’assemblée générale pour cause de confinement. Le rapport moral ainsi que le rapport financier ont été envoyés par mail à tous les parrains.
  • Notre site Internet a été restructuré et modernisé en juin 2015. Nous espérons toujours en faire un site attractif d’informations pour les parrains, pour qu’ils incitent leurs amis ou enfants à rejoindre l’ASEV ! (Rien ne valant le « bouche à oreille » pour accueillir de nouveaux parrains.) N’hésitez pas à consulter ce site : asev-parrainage-inde.com et à en parler autour de vous. Nous avons toujours besoin de nouveaux parrains pour les enfants que nous signalent Sœur Meera et Bhaï, enfants qui vivent souvent de façon très précaire. En 2020 deux parrainages ont été pris par des parrains dont le filleul avait terminé ses études. Merci à eux !

 

  • Le montant des parrainages (y compris les cadeaux aux filleuls et les dons pour la Covid aux familles) a été de 38 200 € en 2020. Les dépenses réalisées en Inde ont été moins importantes cette année scolaire 2020-2021 à cause de la Covid (fermeture des écoles, réunions supprimées, etc…) Je rappelle que le parrainage, toujours de 420 €, est à faire à l’ordre de « Procure des Missions », et à envoyer à JS Binet au 3 square de l’Alboni, 78150 Le Chesnay Rocquencourt, de même que la cotisation de 15 € à faire à l’ordre de ASEV et à envoyer à JSB aussi.
  • Un marché de Noël a eu lieu pour la huitième année consécutive, chez Anne et Jacques Dumas sur RV et a rapporté 3182 € un peu à ma surprise et a en plus initié 1350 euros de dons adressés directement à la Procure des Missions pour nos filleuls.

 

Que devient cet argent en Inde ?

Il est utilisé pour aider les anciens parrainés par l’ASEV (dont les membres de la FOEA) dans leurs actions.
En avril 2020 nous avons envoyé 3000 euros à Pitchai Pillai.  PP a construit un bâtiment pour servir de dortoirs (un dortoir pour filles et un dortoir pour garçons, ce qui était exigé par le gouvernement) aux enfants internes du Centre Père Yves Olivier. Ce dortoir est sur le point d’être terminé, grâce à l’aide de Quimperlé et de l’ASEV. Malheureusement la Covid empêche tout retour des enfants en classe.
La paroisse St Honoré d’Eylau a envoyé à Sr Esther 2520 € par le biais de sa campagne de carême. Aujourd’hui Sr Esther n’est plus à Chennai. Depuis avril 2018, elle est dans un dispensaire à Aracharapam dans le district de Kanchipuram entre Chennai et Vriddhachalam. Elle y reçoit des gens très pauvres en consultation et ne pouvant plus le faire à cause de la pandémie leur distribue de la nourriture grâce à l’argent reçu de France.

Ces sommes sont directement versées à PP ou aux Sœurs rue Méchain pour Sr Esther, et ne passent pas par les comptes des parrainages de l’ASEV.

Et en 2021 que va-t-il se passer ?

La journée crêpes de Quimperlé a eu lieu le deuxième dimanche d’octobre 2020 comme d’habitude mais en « commande et retrait », sans déjeuner sur place, donc forcément moins bénéficiaire. Que se passera-t-il en octobre 2021 ?

En décembre il y aura peut-être une vente de brioches au Chesnay et sûrement un marché de Noël  sur plusieurs jours comme en 2020 auquel nous vous inviterons nombreux.

Je remercie tous les anciens ainsi que les nouveaux parrains dont l’aide, non seulement financière mais aussi amicale, est tellement appréciée sur place !

Tous ceux qui ont eu la chance de pouvoir rencontrer leurs filleuls se sont très vite rendus compte du véritable attachement que ces enfants ont vis-à-vis de leurs parrains. C’est pourquoi je n’insisterai jamais assez sur le fait qu’ils sont si heureux de recevoir lettres et photos et qu’ils les espèrent !

Avec ma reconnaissance pour votre fidélité auprès de ces enfants, je vous adresse toutes mes amitiés.

 

Anne Dumas

06 52 09 18 05

asev.dumas@outlook.fr

www.asev-parrainage-inde.com

 

 

 

Situation en Inde en mai 2021

La deuxième vague de Covid-19 qui frappe l’Inde commence à refluer, mais le pays est loin d’être sorti d’affaire. Le ministère de la Santé recensait mardi 267.000 nouveaux cas, en baisse de 23 % sur une semaine. Mais l’ampleur de l’épidémie reste sous-estimée : l’Inde n’a réalisé que 1,3 test par millier d’habitants durant la deuxième semaine de mai, quatre fois moins qu’en France. Le nombre quotidien de morts a atteint un record mardi avec plus de 4500 décès. «L’infection se répand rapidement dans les villages», a alerté le premier ministre, Modi, le 14 mai. Et la pénurie d’hôpitaux et d’oxygène aggrave l’épidémie. Depuis le 10 mai, les autorités de l’Uttar Pradesh et du Bihar ont découvert des centaines de cadavres enterrés sur les rives du Gange, ou jetés dans le fleuve. L’épidémie a fait exploser les tarifs des crématoriums, devenus inabordables pour les familles pauvres. Et le manque de moyens du secteur humanitaire dans les régions rurales risque de prolonger la deuxième vague.

J’avais demandé à Sr Meera de trouver une nouvelle filleule mais comme elle est en confinement très strict, elle ne peut rien faire pour l’instant . Bhaï à Vriddhachalam ne peut pas non plus sortir de chez lui .car il y a de plus en plus de cas en ville. Il y a des morts tous les jours. personne n’ose aller chez qui que ce soit de peur de la contagion.
Comme elle me l’a déjà dit, quelques soeurs de Cluny ont été contaminées et vont mieux après une quarantaine. Elle, Bhaï et sa famille vont bien ainsi que tous nos filleuls et leurs familles. Seuls des grands parents d’un filleul sont morts . Mais l’épidémie frappe autrement car les gens à nouveau ne peuvent plus travailler. Tous les magasins sont fermés à part les épiceries marchands de légumes, de médicaments et produits essentiels et ce jusqu’à 12h seulement. La banque ferme à midi aussi .
Sr Meera n’a jamais vu Pondichéry comme ça très tranquille et totalement silencieuse!!! Très peu de gens sortent, chaque jour il y a 30 à 50 morts  et dans tout le Tamil Nadu encore plus.
Depuis le 1er mai il n’y a plus aucun transport.
Les terminales n’ont pas pu passer leur examen  et les étudiants en dernière année d’université non plus. C’est terrible pour eux car ils n’ont aucune idée du moment où ils pourront le présenter  et doivent se tenir prêts en permanence. les annonces dans les journaux sont contradictoires et changent tous les jours!!!
Sr Meera téléphone souvent aux parents de nos filleulspour avoir de leurs nouvelles et elle leur conseille de ne pas sortir sans absolue nécessité! En retour beaucoup l’appellent pour avoir des nouvelles de leurs parrains et de la santé de la Soeur. Bhaï l’informerait si quelqu’un était malade à Vriddhachalam et Sr Meera informerait Bhaï dans ce cas là. Le gouvernement prend les précautions nécessaires (??? note de la traductrice) mais les gens luttent contre le manque de lits et d’oxygène.Par ailleurs certains états comme l’Uttar Pradesh sont dans un état catastrophique et totalement hors contrôle. L’épidémie après avoir ravagé les grandes villes s’attaque aux campagnes et l’on en sait plus quoi faire des morts. Soit-disant il y aurait 300 000 morts en Inde du Covid 19 mais ce chiffre est très largement sous estimé d’après nombre d’experts sur place!!Quand pourrons nous retourner rencontrer nos filleuls , impossible de se projeter pour l’instant ?! Et pourtant Sr Meera me dit que tous nous attendent.

Très amicalement,
Anne Dumas
Présidente

06 52 09 18 05
asev.dumas@outlook.fr
www.asev-parrainage-inde.com

 

Quand le Covid 19 sévit en Inde

Quand le Covid 19 sévit en Inde

Comme partout dans le monde, le coronavirus sévit en Inde. Et Narendra Modi a instauré le confinement dans toute l’Inde. Un mois plus tard, ces migrants intérieurs, venus gagner leur vie dans les grandes villes, se sont retrouvés piégés par ce confinement. Brutalement le départ de milliers de journaliers qui voulaient quitter leur lieu de travail dans les métropoles, pour retourner dans leur village, a été interdit. Souvent payés à la journée, ils ont été subitement privés de ressources. De peur de mourir de faim dans les mégapoles, certains ont parcouru des centaines de kilomètres à pied (plus de bus…) pour retrouver leur famille. « On considère qu’il s’agit du plus grand mouvement de population depuis la partition de l’Inde en 1947. Nous sommes face à une véritable crise humanitaire » souligne un analyste politique.

Chaque jour qui passe, la souffrance des pauvres devient plus insoutenable que la veille. Quelques heures après l’annonce de la prolongation du confinement, des centaines de travailleurs migrants sont descendus dans les rues de Bombay, demandant désespérément de pouvoir rentrer chez eux. Les autorités n’ont eu que brutalité et coups de matraques comme seule réponse !

Si la situation reste tendue à l’intérieur des grandes métropoles, en revanche le confinement a été assoupli dans les zones rurales et les Etats épargnés par l’épidémie.

A Pondichéry, la vie reprend son cours après des semaines de strict confinement. La plupart des bazars et des commerces sont autorisés à ouvrir leurs portes jusqu’à 13 heures (marquage au sol et respect des distances). L’ASEV a pu envoyer très vite 3000 euros aux Sœurs de Pondichéry pour aider les familles les plus pauvres de la ville et bien sûr celles de nos filleuls. Je rappelle pour mémoire que l’ASEV a ses fonds propres, indépendants de l’argent des parrainages, et récoltés grâce aux actions menées dans l’année : vente de brioches, marché de Noël, pièce de théâtre, cotisations.
Sœur Meera a fourni ces familles de sacs de nourriture (riz, lentilles, huile et sucre) qui leur permettront de survivre plusieurs semaines.

Mais à Vriddhachalam, que se passe-t-il ? La frontière entre Pondichéry et l’Etat du Tamil Nadu étant fermée, Sr Meera n’avait pas la possibilité de s’y rendre et ne pouvait pas non plus envoyer de l’argent à Bhaï ! Nous avons réussi à lui faire parvenir 1500 euros par Western Union. A partir de là, Bhaï a obtenu une lettre d’un membre de l’Assemblée Législative l’autorisant à circuler avec son fils, malgré le confinement. Un ami journaliste pour une chaine de télévision l’a accompagné pour lui faciliter le passage hors du district de Vriddhachalam. Même avec cette autorisation, ce n’était pas si facile et plusieurs de nos filleuls n’habitaient pas Vriddhachalam même. Il a pu donner de l’argent aux 43 familles les plus pauvres parmi nos parrainés.

 

 

 

 

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Réunion de l’ASEV en Inde à Vriddhachalam

REUNION DU 21 JUILLET 2019

La 12ème réunion bisannuelle de l’ASEV, organisée par Sr Meera et Bhaï a eu lieu le 21 juillet 2019 à Vriddhachalam.

151 étudiants se sont enregistrés (ASEV et Quimperlé). Trois seulement étaient absents.

 

Après leur enregistrement, tous allèrent rendre hommage au Père Olivier et fleurir sa tombe.

 

L’invité d’honneur était le Père Paul Raj Kumar le nouveau curé de Vriddhachalam qui a succédé au Père Arokia Doss.

Etaient également présentes deux étudiantes de Quimperlé Katia et Tiffen qui sont venues passer plusieurs semaines en Inde dans le centre de Pitchai Pillai. Après une lecture de la Bible et une prière, lues par deux filleules, il y eut la traditionnelle remise de châles pour honorer le Père.

13 étudiants dont 8 de l’ASEV et 5 de Quimperlé ayant terminé leurs études sont venus  témoigner de leur reconnaissance au Père Olivier, à leurs parrains, à Sr Jane, à Sr Meera ainsi qu’à Bhaï. Ils ont évoqué leur parcours et se disent fiers d’être aujourd’hui capables de tenir un rôle dans la société grâce à leurs études. Ils espèrent pouvoir dans le futur aider pauvres et nécessiteux comme ils l’ont été eux-mêmes.

                                           

Une photo a été prise avec leurs parents.

 

Sr Meera a ensuite lu la lettre envoyée par Anne Dumas souhaitant une bonne année scolaire à tous de la part de leurs parrains et félicitant ceux qui avaient terminé leurs études. Parents et enfants ont été très contents de l’entendre. Sr Meera a insisté sur le besoin de concentration des filleuls sur leurs études. Elle a demandé aux étudiants de lui envoyer leurs résultats pour qu’elle puisse en informer les parrains via les deux présidents. (Anne Dumas et Alain Petit-Jean). Elle a expliqué que ce n’était pas qu’une question d’argent mais que c’était aussi une relation humaine entre filleuls et parrains. Sr Meera a ensuite demandé à quelques parents volontaires de venir parler de ce Projet et expliquer quel rôle ils avaient à jouer vis-à-vis de leurs enfants dans ce Projet.

Tiffenn et Katia ont aussi partagé et parlé de leurs études et de leur travail. C’était une belle leçon pour tous.
Le Père Paul Raj Kumar a expliqué qu’il avait passé plus de 30 ans comme directeur d’école et principal de collège. C’est sa première affectation comme curé de paroisse. Jeune prêtre dans le diocèse, il a bien connu le Père Olivier et l’appréciait beaucoup pour ses différentes activités, son respect des castes, croyances ou religions et plus que tout pour ce qu’il avait fait pour l’éducation des filleuls, et ce même après sa mort Après l’hymne national tous eurent droit à un délicieux repas avant d’écrire une lettre à leurs parrains.

 

 

Chacun reçut 400 roupies comme indemnité de transport et tout fut terminé à 17h50.

 

 

Système scolaire indien

Le principe de l’école gratuite et obligatoire pour les enfants de 6 à 14 ans est inscrit dans la Constitution indienne. Alors que 96,5% des enfants des campagnes sont scolarisés (selon les statistiques officielles de 2012), la qualité de l’enseignement public est vivement critiquée. Environ 25% des professeurs sont absents chaque jour. Seul un professeur d’école primaire sur 5 serait correctement formé. L’OCDE a évalué en 2009 le niveau de connaissances des enfants  et classé l’Inde en 73ème position sur 74 pays.

Les familles indiennes qui le peuvent s’orientent vers le privé : entre 2011 et 2016, le public a perdu 13 millions d’élèves et le privé en a gagné 17,5 millions.

Autre problème : seuls 40% des adolescents accèdent au secondaire.

Vineet Nayar, l’ancien patron d’une des principales sociétés de services informatiques indiennes,  met désormais ses compétences au profit de sa fondation Sampark pour l’éducation des jeunes indiens. Son discours et ses méthodes sont en cohérence avec ses valeurs : honnêteté, transparence, confiance et dialogue.

« Ma femme et moi avons investi 100 millions de dollars dans la fondation Sampark avec un seul objectif : transformer radicalement l’enseignement primaire en Inde ».

Au sein de sa fondation, l’objectif est de doter dix millions d’enfants, habitant les campagnes les plus reculées, de bases solides en anglais et en maths. Des supports audio en plastique bénéficiant d’une autonomie de 15 jours et rechargeables grâce à une dynamo ont été conçus pour un euro par an et par enfant.

100 000 enseignants ont adhéré aux modules de formation organisé par Sampark, diffusé dans 76 000 écoles qui accueillent sept millions d’enfants.

Au bout d’un an le résultat était déjà spectaculaire : 86% des écoliers étaient capables d’effectuer les calculs élémentaires, et plus de 80% d’entre eux peuvent apprendre 500 nouveaux mots en anglais , 100 phrases et 25 histoires en 120 leçons.

En 2025, les 100 millions de dollars seront consommés et Vineet Nayar et sa femme fermeront la fondation Sampark.

« Un objectif doit avoir un terme. Les idées en open source survivront. Nous ne voulons surtout pas que la fondation se confonde avec nous, car vous pouvez tuer une organisation quand il y a confusion entre sa raison d’être et sa propriété ».

extrait d’un article de Françoise Blind, dans Les Echos week-end

Comment l’Inde perd son âme

Du 11 avril au 19 mai se tiennent les élections législatives en Inde : pour recueillir 900 millions de voix , une caravane de votation parcourt le pays entier.

En 1990 naît un parti nationaliste hindou , le BJP, le parti du peuple indien. D’emblée, ce parti a rejeté la profonde tolérance qui a permis jusqu’en 2014 à huit religions de coexister en Inde : l’hindouisme (900 millions de personnes), l’islam ( presque 200 millions), le christianisme ( 27 millions), les sikhs (20 millions), le bouddhisme (8 millions), le jaïnisme ( 4,5 millions), le zoroastrisme, le judaïsme sans compter les religions autochtones (100 millions)….

Présente sur le drapeau de l’Inde avec le sceau de l’empereur bouddhiste Ashoka, non seulement la non-violence a fait progresser l’Inde, mais aussi la conscience du monde. C’est cela que Narendra Modi , le premier ministre actuel, est en train de liquider….

Modi peut-il être battu ? Peu de progrès économiques, déception de la « neo-middle class », jeunes à qui Modi avait fait toutes les promesses. Les stars de Bollywood sont des acteurs musulmans toujours populaires. Et pour le vieux parti du Congrès, social-démocrate, Priyanka Gandhi, petite-fille et sosie d’Indira, est enfin entrée dans la bataille.

Le Taj Mahal, trop musulman, a été retiré des circuits touristiques officiels! Et l’assassin de Gandhi a maintenant ses statues.

 

extrait de la chronique de Catherine Clément, La Croix, 6 mai 2019

« Hindouiser les noms de villes »

Emmenée par les nationalistes hindous, l’Inde rebaptise de nombreuses villes aux consonances islamiques.

Cette année, plus de 25 villes ont fait les frais de cette stratégie linguistique visant à les rendre plus « hindoues » dont Allahabad, haut lieu de pélerinage mais datant des conquérants musulmans.

Pour renouer avec ses racines hindoues antérieures, Allahabad sera désormais « Prayagraj ».

Pour Narendra Modi et son parti le BJP, il s’agit de se « reconnecter avec le glorieux passé »  de l’Inde.

Depuis l’indépendance, plus de 100 villes ont été rebaptisées. Bombay est devenue Mumbai, Calcutta Kolkata, Pondichéry Puducherry , Madras Chennai et Vriddhachalam Viruthachalam! Ces mesures sont une réaction contre les anciennes présences impérialistes. Et derrière ces batailles orthographiques se joue la volonté des Indiens de se réapproprier leurs langues locales et leur histoire.

A présent, les dirigeants du BJP envisagent de changer le nom d’Agra (Taj Mahal) mais aussi d’Ahmedabad, la capitale du Gujarat.

L’idéologie hindouiste est en conflit avec l’héritage islamique et les invasions mogholes. Effacer les noms musulmans des villes s’apparente à une contre-attaque ou à une revanche d’après l’historien Arvind Sinha.

L’opposition dénonce « une menace » portée à l’identité multiconfessionnelle de l’Inde.

De l’érection de statues géantes aux noms des nouvelles lignes de trains, un travail minutieux aide à bâtir une Inde qui réinvente et glorifie sa mythologie hindoue.

extrait d’un article de Vanessa Dougnac.

Multilinguisme en Inde

Au pays du multilinguisme

(Extrait de la revue Nouvelles de l’Inde, de septembre-octobre 2018)

 

 

En Inde, l’apprentissage de plusieurs langues est une nécessité pour pouvoir communiquer dans tout le pays et même au sein d’une famille dont les membres parlent souvent différentes langues.

Ainsi, Akshaya, une petite fille de 8 ans du Kerala apprend à l’école le malayalam – la langue régionale du Kerala – ainsi que le hindi – l’une des langues que l’on parle plus ou moins bien dans différentes régions du pays – et suit son enseignement général en anglais. Si lorsqu’elle rentre à la maison, Akshaya parle malayalam avec son père et ses grands-parents paternels, sa mère, elle, ne lui parle que tamoul, la langue régionale du Tamil Nadu, dont cette dernière est originaire.

La petite fille doit donc maîtriser quatre langues différentes et quatre alphabets distincts. Car, pour compliquer les choses, le hindi, par exemple, s’écrit en caractères devanagari, hérités du sanskrit, alors que le malayalam, une langue dravidienne, qui n’a pas la même origine, a adopté un système d’écriture brahmique syllabaire, comprenant pas moins de 51 signes de base, tandis que l’anglais est enseigné grâce à l’alphabet latin et les 26 lettres que nous connaissons.

 

La constitution de la République indienne reconnait le multilinguisme du pays et prévoit des dispositions destinées à l’encourager dans tous les domaines. Ce texte fondateur énumère 22 langues officielles qui se répartissent en familles linguistiques d’origines et de structures distinctes : les langues dravidiennes (tamoul, télougou, kannada, malayalam), les langues tibéto-birmanes (bodo, manipuri, santali) et les langues indo-aryennes (toutes les autres).

Le hindi, langue officielle de plusieurs Etats, est parlée par 43,6 % de la population, soit 528 millions de personnes.

Le recensement indien de 2011 fait état d’un nombre de 19.569 langues et dialectes déclarés par les Indiens en tant que langue maternelle, mais, après classification, il retient le nombre de 121 langues (ne comptabilisant pas les langues parlées par moins de 10.000 locuteurs), tandis qu’un recensement entrepris par le projet « People’s linguistic survey of India » dénombre 780 langues parlées, et que d’autres statistiques parlent de plus d’un millier de langues. De quoi y perdre son latin … Ou plutôt son sanskrit !

Dans la pratique, dans les Etats du nord, les conversations se déroulent soit dans la langue de l’Etat, si tous les intervenants la maîtrisent, soit en hindi ; dans ceux du sud, elles sont menées soit dans la langue de l’Etat, soit en anglais.

 

Afin d’améliorer les interactions et la mobilité géographique, la Commission de l’enseignement secondaire du gouvernement indien a mis en place, dès 1952, les bases d’une politique éducative multilingue. Aujourd’hui, toutes les écoles sont censées proposer une formule trilingue, comprenant la langue maternelle ou la langue régionale, le hindi et une autre langue moderne, indienne ou étrangère. Les établissements publics se concentrent davantage sur les langues régionales, tandis que les écoles privées font la part belle à l’anglais.

 

Pour Gurcharan Das, un essayiste indien de renom, « L’Inde a toujours été une terre multilingue. Ce qui fait notre identité, c’est justement notre diversité ».

Mariages arrangés, une réalité indienne

En Inde, le mariage arrangé reste le maillon d’un projet social à l’échelle d’une vie.

Cette institution, incontournable pour 1,3 milliard d’Indiens, limite au strict minimum les relations du couple avant les noces. Comment peut-on ainsi s’engager pour la vie avec un partenaire dont on ne connaît rien ou si peu ?

« C’est un risque calculé , estime Radhika mariée il y a seize ans. Il y a une part de chance. Mais le principe est de procéder à une bonne sélection du partenaire selon les attentes de chaque famille. »

En Inde, trouver sa moitié est un projet social si bien articulé qu’il permet de durer lorsque l’entente est au rendez vous. « Définir ses attentes est essentiel afin d’éviter le compromis ou le regret . » Adnyesh et Apurva qui se sont connus grâce au site Matrimony.com respectent les traditions et le couple s’est accordé sur ses choix : vivre en Inde , malgré les possibilités de carrière à l’étranger, et aux côtés de leurs parents. « Un mariage consiste à épouser une famille entière, rappelle Apurva. Appartenir à la même caste est aussi le gage d’une adaptation immédiate ».

Le site Matrimony.com l’a bien compris et s’appuie sans complexe sur le système des castes . « Nous ciblons ainsi les gens issus d’une même culture, ce qui aide à limiter les frictions dans les mariages » explique le patron du site.

« La culture occidentale est basée sur le bonheur personnel. En Inde, il nous faut d’abord sécuriser financièrement et socialement notre vie . Et le mariage en fait partie. Ensuite vient le bonheur « .

 

extrait d’un article de Vanessa Dougnac.

 

A Delhi, une école sous un pont du métro.

Au cours d’un long périple autour du monde, le photographe Brice Garcin a découvert une étonnante école, installée sous un pont du métro, à l’initiative d’un épicier. Gratuite, elle accueille les enfants démunis du quartier.

<strong>Moyens rudimentaires.</strong><br/>Les écoliers sont toujours très attentifs. Aller à l’école est tellement inespéré pour eux ! Ils vivent en effet dans les bidonvilles voisins et leurs parents sont, pour la plupart, manœuvres, conducteurs de rickshaw, saisonniers, migrants. L’école a cependant peu de moyens : les tableaux sont peints sur les murs et, au début, les enfants étaient assis par terre./Brice Garcin/Hans Lucas

Moyens rudimentaires. 
Les écoliers sont toujours très attentifs. Aller à l’école est tellement inespéré pour eux ! Ils vivent en effet dans les bidonvilles voisins et leurs parents sont, pour la plupart, manœuvres, conducteurs de rickshaw, saisonniers, migrants. L’école a cependant peu de moyens : les tableaux sont peints sur les murs et, au début, les enfants étaient assis par terre. / Brice Garcin/Hans Lucas

Lorsqu’il était jeune, Rajesh Kumar Sharma rêvait de devenir ingénieur. Malheureusement, les difficultés financières de ses parents ne lui ont pas permis de se former dans l’école supérieure de ses rêves. Il est devenu épicier, métier dans lequel il a toutefois bien réussi. Mais, se souvenant de son passé douloureux, il a décidé de prendre sa revanche en aidant les enfants qui n’ont pas les moyens d’aller à l’école. À Delhi, la capitale indienne aux 20 millions d’habitants, dans le quartier pauvre de Yamuna Bank, il a ouvert, depuis 2006, ce qu’il appelle « l’école gratuite sous le pont ».

<strong>Discipline. </strong><br/>Avant le début des cours, Rajesh Kumar Sharma s’assure que tout est en place. Il n’hésite pas à faire montre d’autorité, histoire de « faire comprendre que gratuité ne rime pas avec absence de règles ». Grâce à son initiative, une partie des enfants rejoindra ensuite une école publique où l’enseignement est plus complet et où des repas gratuits sont fournis./Brice Garcin/Hans Lucas

Discipline. 
Avant le début des cours, Rajesh Kumar Sharma s’assure que tout est en place. Il n’hésite pas à faire montre d’autorité, histoire de « faire comprendre que gratuité ne rime pas avec absence de règles ». Grâce à son initiative, une partie des enfants rejoindra ensuite une école publique où l’enseignement est plus complet et où des repas gratuits sont fournis. / Brice Garcin/Hans Lucas

Il a en effet investi un espace entre les piliers d’un des ponts du métro pour y installer une salle de classe improvisée. Puis, il a écumé les environs pour convaincre les parents de laisser les enfants aller à l’école qui est, selon lui, le meilleur antidote à la criminalité. D’ailleurs, selon l’Unesco, faute d’aller à l’école, 17,7 millions d’enfants et d’adolescents indiens sont susceptibles de tomber dans différentes formes de déviances.

<strong>Soins. </strong><br/>À Delhi, des médecins volontaires, équipés d’une ambulance, vont distribuer gratuitement des médicaments dans les quartiers pauvres. Depuis qu’ils ont appris l’existence de l’école, ils ont pris l’habitude de venir trois fois par mois prendre soin des écoliers. Ceux-ci font la queue devant le camion. Compte tenu du dénuement de leurs familles, c’est leur seule chance d’être soignés./Brice Garcin/Hans Lucas

Soins. 
À Delhi, des médecins volontaires, équipés d’une ambulance, vont distribuer gratuitement des médicaments dans les quartiers pauvres. Depuis qu’ils ont appris l’existence de l’école, ils ont pris l’habitude de venir trois fois par mois prendre soin des écoliers. Ceux-ci font la queue devant le camion. Compte tenu du dénuement de leurs familles, c’est leur seule chance d’être soignés. / Brice Garcin/Hans Lucas

Chaque matin, Rajesh Kumar Sharma, désormais aidé par un assistant et par des volontaires, enseigne à ses petits protégés l’anglais, l’hindi, l’histoire-géographie et les mathématiques.

<strong>Renfort. </strong><br/>L’école reçoit de plus en plus de renfort. Non seulement Rajesh Kumar Sharma est désormais aidé par un assistant très dynamique, Laxmi Chandra, mais des volontaires donnent régulièrement des cours. Sur cette photo, le fils de Laxmi Chandra est en train de corriger les cahiers. Le sérieux de la petite élève, son appréhension d’avoir mal fait se lisent sur son visage./Brice Garcin/Hans Lucas

Renfort. 
L’école reçoit de plus en plus de renfort. Non seulement Rajesh Kumar Sharma est désormais aidé par un assistant très dynamique, Laxmi Chandra, mais des volontaires donnent régulièrement des cours. Sur cette photo, le fils de Laxmi Chandra est en train de corriger les cahiers. Le sérieux de la petite élève, son appréhension d’avoir mal fait se lisent sur son visage. / Brice Garcin/Hans Lucas

Longtemps professeur de design graphique, Brice Garcin, 42 ans, a décidé un jour de changer de vie et de faire de la photo, qu’il pratiquait déjà, son métier. Il s’est alors lancé dans un tour du monde qui a duré deux ans et demi. À Delhi, un Anglais qui s’était porté volontaire pour « l’école sous le pont » lui a fait découvrir cette initiative maintenant bien installée. Les dons, qui commencent à affluer, ont permis d’acheter un peu de matériel, des cahiers et des chaises notamment. Au début, les écoliers étaient assis par terre dans la poussière.

Photos de Brice Garcin/Hanslucas Texte de Paula Boyer